Oasis : Paris by the air !

Avant le départ

Choses promises, choses dues ! Etienne, ma famille d’accueil, devait m’emmener à Paris pour une réunion, c’est maintenant fait. Et de mon côté, je m’étais engagée à vous raconter ce voyage : c’est parti !

Enfin, pas tout à fait, car avant d’aller visiter notre belle capitale et surtout avant de prendre l’avion, il a fallu s’organiser un peu, car en tant que chien, je ne suis pas naturellement invitée à monter en cabine sur une ligne commerciale classique. Une fois son billet en poche et environ une semaine avant notre aller-retour prévu le 1er juillet, Etienne a donc contacté le service d’assistance pour les personnes à mobilité réduite de la compagnie aérienne afin de leur signaler qu’il serait accompagné d’une magnifique et adorable chienne labrador (c’est moi !), élève chien guide de son métier… et là, ça a bloqué (« pas de raison qu’elle vienne avec vous », « réservé au chien accompagnant une personne déficiente visuelle »…). Sauf qu’Etienne, il sait être têtu : après 1/2h de discussion et trois interlocuteurs différents, j’étais inscrite sur les deux vols !

Cependant, l’accessibilité du chien guide et du chien guide en formation dans les avions reste particulière. Le commandant de bord est toujours le seul maître à bord et la loi aérienne prévaut sur les lois nationales. Cela signifie que même si le service commercial de la compagnie est bien au courant et a donné son accord pour la présence du chien en cabine, que même si la famille d’accueil ou le maître deficient visuel passe l’embarquement sans problème, au moment de monter dans l’appareil, le commandant peut refuser la présence du chien en cabine. Heureusement, pour les maîtres déficients visuels, ce risque-là est moindre sur les grandes compagnies et sur des vols courts, européens ou nationaux, car ils disposent en général d’un service spécifique pour les personnes en situation de handicap qui est bien au courant de la loi.

Lorsque les trajets sont plus longs et hors UE, le droit européen s’applique bien pour le trajet aller au départ de la ville française. Par contre, pour le retour, c’est la loi du pays de la ville de destination qui s’applique. Il faut donc bien se renseigner sur le droit des chiens guides et des chiens guides en formation dans le pays de destination.

Mais pour moi, tout s’est bien passé et c’est drôlement encourageant pour l’accessibilité de mes copains !

L’aller

Le jour J, après un réveil et un petit déjeuner matinaux, nous sommes arrivés à l’aéroport, direction le contrôle de sécurité. J’ai dû enlever tout ce que j’avais sur moi : laisse, gilet, collier. Et puis j’ai attendu que l’on me dise de passer par le portique : ouf, rien n’a sonné ! Le personnel de l’aéroport était content car il trouvait que j’écoutais mieux les consignes que beaucoup de voyageurs 🙂

Oasis au contrôle de sécurité : ” c’est bon tout est ok, je peux me rhabiller ! “

Nous avons ensuite traversé le terminal jusqu’à la salle d’embarquement, sous les regards surpris et amusés des voyageurs. Après une petite attente, nous sommes entrés en premier dans l’avion pour nous installer et il a fallu que je trouve ma (petite) place : première navette du matin, l’avion était plein. Je me suis donc faufilée sous le siège devant Etienne. Heureusement, le vol est court, car nous n’avons pas eu beaucoup de place, ni lui, ni moi.

Oasis couchée sous le siège : ” Je cherche une position confortable. “

Concernant le vol en lui-même, je n’ai pas grand-chose à en dire car je ne me suis pas rendu compte de grand-chose : j’ai dormi tout le long. Et environ 1h30 plus tard, j’ai pu me dégourdir les pattes en sortant de l’avion.

C’est en fait à partir de cet instant qu’allait commencer le vrai périple : les transports en commun parisiens à l’heure de pointe. Au programme : OrlyVal, RER et Tramway.

Oasis avec son gilet élève chien guide devant le plan des transports en commun de Paris : ” A Toulouse, il n’y a que 2 lignes de métro, là je suis un peu perdue ! “

J’avais un peu peur de me faire écraser les pattes mais finalement, les gens ont été charmants et m’ont laissé de la place. Etienne a même pu s’asseoir dans le RER ! (les personnes ayant déjà emprunté le RER B à 8h un jour de semaine souligneront le caractère exceptionnel de cette remarque). Après une petite heure de trajet, nous étions arrivés au travail d’Etienne où j’ai pu, durant sa réunion, briller par mes ronflements : le sujet ne m’intéressait guère et puis j’avais du sommeil en retard !

Le retour

Après un déjeuner un peu tardif au restaurant d’entreprise, nous avons entamé le chemin inverse dans l’après-midi : tramway, RER, Orlyval, contrôle de sécurité, avion, voiture. Mais en dehors des heures de pointe, c’est quand même beaucoup plus cool.

Oasis couchée dans le RER : ” Tout est tranquille “

Nous sommes finalement arrivés à l’aéroport un peu plus tôt que prévu et nous avons pu avancer notre vol. L’hôtesse m’a adorée, et en plus de quelques caresses, comme l’avion n’était pas complet, elle a bloqué le siège à côté d’Etienne pour que l’on ait plus de place. Autant dire que le vol retour s’est fait plus confortablement, pour tous les deux.

Oasis couchée sous le siége dans l’avion : ” Et si le luxe, c’était l’espace… “

Cette journée marathon s’est finalement terminée tranquillement à l’appartement, avec toute la famille. C’était fatiguant mais tout s’est bien passé et j’ai adoré. Je suis prête à repartir, mais cette fois, j’ai demandé à Etienne qu’il m’emmène au soleil. On verra… en tout cas, moi, je suis prête !

Gros plan sur la tête d’Oasis qui porte des lunettes de soleil

Article écrit par Etienne Deshaies et sa fidèle assistante Oasis !

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